discussion « La guerre des Lulus » T1, Hautière et Hardoc, Casterman, 2013


Une lecture effectuée dans le cadre du challenge Une année 14 organisé par Stéphie du blog Mille et une frasques
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« La guerre des Lulus 1914 », T1 La maison des enfants trouvés, Casterman, 2013.
Scénario de Régis Hautière, dessin de Hardoc. la-guerre-des-lulus-tome-1---1914-15252

Le narrateur revient sur les lieux de son enfance, le village de Valencourt où l’on cultivait autrefois l’orge et le blé. Il reconnaît la vieille église et le café, mais aussi la Maison des enfants trouvés jadis tenue par des religieux. Il se souvient alors…
A la veille de la guerre 14, les Lulus, quatre gamins entre enfance et adolescence qui partagent la syllabe LU à l’initiale de leur prénom, font les 400 coups. Comparables aux « trois mousquetaires qui étaient quatre », ces gosses espiègles et parfois candides semblent inséparables. Le goût de l’aventure les rassemble et ils adorent passer leur temps dans la forêt avoisinant l’orphelinat dans lequel ils vivent. Ils y ont construit une cabane, véritable refuge pour ces garnements en mal d’affection. Ce bois, qui est leur terrain de prédilection, a des allures de Sherwood ou de Brocéliande. Bien sûr, Ludwig, Luigi, Lucas et Lucien connaissent leur lot de petites chamailleries le jour, mais ils cultivent les mêmes angoisses et les mêmes espoirs la nuit.
Lorsque la guerre est déclarée et qu’il doit rejoindre le front, l’instituteur met donc le père supérieur en garde contre les Lulus : cette fine équipe est toujours parfaitement soudée face à l’adulte. Avec ces quatre là, pragmatisme, esprit d’invention et débrouillardise sont toujours au rendez-vous ! Ils sont aussi plus prompts à faire le mur qu’à aller dire les mâtines.
Mais les Lulus sont tellement dans leur monde, qu’ils manquent à l’appel lorsque les autorités organisent l’évacuation du village et de l’orphelinat alors que les combats se rapprochent. Quelle n’est pas leur stupéfaction lorsqu’ils découvrent que tout le monde a déserté et que les Allemands occupent leur pensionnat ! Dans certaines circonstances la présence d’un adulte est tout de même rassurante !!! Comment survivre, surtout lorsque l’on confond les obus et le tonnerre et que le conflit, que l’on espérait court, s’installe dans la durée ? Que manger une fois les pots de confitures vidés ?
Fidèles à leur réputation, nos Lulus, qui voient par ailleurs leur cercle s’agrandir d’une présence féminine, s’organisent. Ils croient toujours en leur bonne étoile et cette rencontre inattendue est « peut-être un signe que le Bon Dieu » leur envoie.
Le dessin, empreint de fraicheur, contribue amplement à rendre ces gosses attachants. Le scénario, très sympathique, aborde donc cette Grande Guerre à travers le point de vue de ces gosses dont les dialogues nous ravissent. Leurs discussions sont une véritable plongée en enfance, tant Régis Hautière restitue avec brio leur parler enfantin. Leur innocence et leur sens de la répartie confèrent au récit une drôlerie sans pareille. Quant à leur humour potache, il sera sûrement du goût de vos enfants :
« Moi l’Abbé, il m’a dit que le tonnerre, c’est le Bon Dieu qui pète, et les nuages c’est que pour cacher ses fesses ».

3 commentaires

  1. Je l’ai vu ce matin chez mon libraire, j’ai failli l’acheter, j’ai hésité … Je le regrette à présent! Ce n’est que partie remise!

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