discussion « Blanche Maupas » de Patrick Jamain, 2009


« Blanche Maupas » de Patrick Jamain, 2009 blancheMaupas

Dans le cadre du challenge de Stéphie, du blog Mille et une frasques, consacré à la grande guerre, j’ai visionné le téléfilm de Patrick Jamain, « Blanche Maupas », disponible en DVD.
Le réalisateur s’inspire de faits réels et retrace le difficile et long combat de celle que l’on appela « la veuve de tous les fusillés » et qui fut à l’origine des « comités Maupas ».
A l’aube de cette effroyable guerre, Blanche et Théophile Maupas, instituteurs tous les deux dans le même village, mènent une vie simple et heureuse aux côtés de leurs deux fillettes. Ils professent les valeurs républicaines la semaine et s’investissent dans la vie du village. Mais alors qu’ils profitent d’un pique-nique champêtre en ces premiers jours d’août 14, on sonne le tocsin pour annoncer l’entrée en guerre de la patrie. Mobilisé, Théo remise son cartable et range son chevalet et ses pinceaux pour effectuer son devoir, comme bon nombre d’autres villageois. Nulle liesse dans le village pour une fois; on réorganise simplement les existences. Blanche assumera désormais les deux classes et le secrétariat de la mairie. Elle garde le sourire, tente de rassurer les élèves et d’œuvrer toujours au nom de la patrie. Le soir, elle partage les nombreuses lettres de son mari avec ses filles.
Le montage alterné souligne alors le contraste entre le front, les conditions de vie difficiles et les souffrances des troupes et la vie au village, les attentes des femmes. Chacun vit dans la crainte de voir débarquer le maire, oiseau de mauvais augure. Dans les tranchées, on lutte contre l’ennemi, mais il n’est pas toujours celui qu’on pense. Théophile et trois autres caporaux l’apprendront à leurs dépens. Blanche comprend vite de quoi il retourne quand son tour vient, elle a cependant beaucoup de mal à concevoir que son époux ait été « passé par les armes après dégradation militaire » « pour l’exemple ».
Si le prêtre refuse de faire sonner le glas, privilège réservé aux patriotes, et si beaucoup lui tournent le dos, elle refuse de croire à une trahison de Théophile. Elle mène une enquête difficile entre langue de bois et loi du silence et décide de se battre envers et contre tous pour obtenir une procédure de révision et une réhabilitation.
Si Thierry Frémont nous offre un Théophile attachant, Romane Bohringer incarne fort bien la détermination exemplaire de cette femme pourtant pas dénuée de sensibilité. Le scénario est intéressant dans la mesure où il s’intéresse à un aspect souvent occulté de cette guerre, celui des chefs qui marquent contre leur camp. Patrick Jamain nous conduit aussi à nous interroger sur les acceptions du terme patriotisme, sur ses enjeux et ses dérives possibles. C’est aussi un bel hommage à la volonté et à la fidélité de ces femmes.

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