discussion « Les femmes, la lose, kilos, talons hauts… » De Mazaurette


les-femmes-la-lose-bd-volume-1-simple-49698« Les femmes, la lose, kilos, talons hauts, mojitos » de Maia Mazaurette
Editions Tapas

Une fois n’est pas coutume, je participe au challenge de Stéphie, « Le premier mardi c’est permis ».
Au menu, ce petit livre (entre BD et miroir de la femme) au titre prometteur mais absolument pas énigmatique de Maia Mazaurette (pseudo dans lequel il faut voir un jeu de mot j’imagine).
L’auteure part du postulat suivant « Il semble que l’univers en veuille aux dames » « être une femme c’est aussi avoir des culottes qui grattent et des publicités qui te parlent comme si tu avais 5 ans ». Nous sommes nombreuses à en être convaincues, mais nous n’aimerions pas changer de genre pour autant ! Curieux paradoxe ? Sans doute que non, mais pour se déterminer, il faudrait lire l’autre ouvrage de Mazaurette intitulé « Les hommes, la lose ».
Mais revenons-en aux graves enjeux de l’ouvrage : démontrer en 30 loses, soit 30 leçons illustrées, qu’il est d’autant plus difficile de réussir la féminité qu’on ne sait pas exactement ce que le terme recouvre. Chaque lose prend la forme d’une tranche de vie.
Comme la féminité est généralement associée au sexe – lui aussi « impossible » dans la mesure où (selon l’auteure hein) pour les uns c’est une ACTION, tandis que les femmes y voient « une temporalité » « aussi mythique » que « l’âge d’or ou le temps des cathédrales »- le manuel aborde d’abord la question du lit. Je me demande quand même si on ne met pas moins temps à trouver son point G qu’à comprendre ce point de vue. Mais bon, poursuivons le cours. Mazaurette énumère avec humour nombre de raisons qui tiennent les femmes à l’écart de la voie du sexe. Pour celles qui échappent à cette fatalité, ou qui s’escriment à croire au septième ciel, elle propose aussi sa vision du Kâma-Sûtra, réduit à 3 positions : le missionnaire (ou le paradis), la levrette et l’amazone. Les autres servent juste selon elle à vendre du papier et des films porno. Je dois dire que cette partie est assez désopilante. Sachant que « mal baisée » demeure l’insulte suprême offerte aux femmes, vous pourrez aussi apprendre comment simuler. Mais il faudra compléter ce cours par celui consacré à la lubrification sans oublier le glossaire sur le latex et autres fringues sexy. Vous pourrez aussi vous délecter avec la redéfinition de certains termes.
« Gaine : preuve que malgré ce qu’on écrivait sur nos trousses à 13 ans, une certaine laideur intérieure est garante de la beauté extérieure. »
Mais Mazaurette aborde également des questions de fond, nettement plus sérieuses. Il s’agit d’analyser comment « Dans l’univers des femmes parfaites, se nourrir sert paradoxalement à maigrir ». Cette pauvre créature semble en effet en proie à une guerre alimentaire qu’aucun casque bleu ne peut apaiser. On s’intéresse également aux vergetures et aux varices ainsi qu’à l’organisation de ses journées quelquefois quadruples. Mazaurette recourt à ce sujet à une image mythologique très efficace, celle des Danaïdes, « petites meufs en pagne condamnées à remplir éternellement un tonneau sans fond ». Il faut dire que les femmes ont l’art de compliquer leurs journées : les tâches cosmétiques rivalisent avec les obligations domestiques. L’ennui c’est que plus le temps passent plus elles sont chronophages. On n’oublie pas le chapitre sur les mérites et inconvénients de l’alcool. Rien de bien révolutionnaire d’ailleurs. Entre boire et bien se conduire, il faut parfois choisir pour éviter certains déboires du style « pécho des mecs irregardables au réveil ».
Certaines loses sont sympathiques et amusantes, mais l’ensemble s’appuie sur un humour assez lourd, parfois douteux. Le choix des points abordés m’a laissé sur ma faim. Le plus gênant demeure cependant, à mon, sens, l’image de la femme ainsi véhiculée. Si la femme parfaite est une connasse, la femme de Mazaurette a des allures de blonde décérébrée contreproductives. La vraie LOOSE c’est peut-être de lire le bouquin…

Elle cultive cependant un art du paradoxe parfois savoureux : selon elle, les souffrances que nous nous infligeons avec nos chaussures destinées à être assises ou couchées constituent « autant de preuves que nous vivons des vies suffisamment confortables pour nous auto saboter les sabots ».
Un autre de ces paradoxes à méditer : « L’incarnation du vrai luxe réside dans ce paradoxe : rajouter volontairement des difficultés insurmontables à sa vie. »
Mes loses préférées : la cartographie du harcèlement et le schéma de la chaussure idéale.

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