discussion « Romeo + Juliette » de Baz Luhrmann, une catastrophe!


romeo-juliet-affiche« Roméo + Juliette » de Baz Luhrmann, 1997 , ou l’art de passer une mauvaise soirée

Mon amie Sophie, qui a généralement très bon goût, m’a offert ce film avant mon départ des Antilles. C’est l’un de ses films cultes ! J’adore le texte de Shakespeare, cette histoire de grand amour contrarié et cette guerre des familles. C’est donc avec une certaine frénésie que j’ai déchiré le cellophane, promise à une bonne soirée cinématographique. Chouette, une sympathique réécriture du texte shakespearien en perspective !!!!
J’ai déchantée dès les 5 premières minutes. S’il existait une palme de l’adaptation la plus catastrophique, Luhrmann la remporterait sans conteste. C’est un festival de connerie bêtises, sur fond de mauvais goût permanent. Même les références à West Side Story n’atténuent en rien l’ennui du spectateur. Je n’ai rien contre les adaptations modernistes ni contre la parodie et les ambiances déjantées….mais il faut pour me satisfaire une once de second voire de troisième degré, un certain doigté et un esthétisme certain…
Baz Luhrmann transpose l’intrigue italienne à Vérona Beach, un quartier chaud des Etats Unis dominé par la guerre des gangs. Les Montaigu et les Capulet, maffieux ratés, s’affrontent pour gagner le contrôle de la ville. Roméo, éternel amoureux, s’infiltre donc dans une fête organisée par les Capulet. Hélas il succombe au charme de Juliette, la fille de la maison… Cette amourette, vouée à l’échec, n’est pas du goût des deux familles… l’issue ne peut –être que fatale.
On perçoit bien, à travers cette ambiance totalement loufoque, les clins d’œil aux univers du western, à Robert Wise et à Jérome Robbins. Mais ces allusions sont grossières à l’instar du film dans son ensemble. L’insistance sur la musique est là pour souligner la référence au western, quelquefois que le spectateur soit ignare. Les cheveux roses de certains, les gilets et autres accessoires masculins à l’effigie du Christ, sans parler des santiags immondes des autres et des cascades dans une station service donnent immédiatement la tonalité du film : nous sommes dans le parodique et le décalé… Soit ! Pourquoi pas !?! Mais Lurhmann fait dans le lourd, dans l’excès…au point que l’on peine à reconnaître et à savourer le texte de Shakespeare. La mère de Juliette préfigure la venue de Lady Gaga ; Roméo, incarné par un jeune Léonardo di Caprio, tient du benêt maladroit ; Claire Danes n’a pas vraiment le physique de l’emploi et nous propose une Juliette bien fade. Le clou reste cependant Mercutio (Harold Perrineau) réduit à l’état de drag queen débile.
Luhrmann mélange les genres (un postulat qui pouvait se défendre dans le contexte shakespearien) mais il confond hélas baroque et niaiseries grossières.
J’ai peine à croire que ce navet film figure sur la liste des 50 films à voir absolument avant d’avoir 14 ans établie par le British Film Institute ! Je dois être vraiment trop vieille !!!!! Je vais de ce pas relire le texte histoire de me consoler.

7 commentaires

  1. J’ai beaucoup de mal avec le début du film (la fusillade dans la station service) mais ensuite j’adore ! Je l’utilise pas mal en classe quand j’étudie la pièce et me meilleur moment pour moi est sans doute Mercutio en drag queen (j’en pleure de rire à chaque fois)
    Et la manière dont la scène du balcon est revisitée me plaît beaucoup 😉
    C’est grotesque oui, c’est la patte du cinéaste qui veut cela. Mais il m’a fallu le voir plusieurs fis avant de trouver des pistes à exploiter.

    J'aime

    • Je me dis que je n’étais peut-être pas dans le bon état d’esprit ce soir là. Mais j’ai souvent une certaine résistance au grotesque, je crois. La scène du balcon est pas mal en effet. La Drag queen m’a fait rire la première minute, plus après.

      J'aime

  2. Je me souviens de l’avoir regardé quand Shakespeare était au programme des TL il y a quelques années… j’ai détesté aussi, mais il est de notoriété publique que je suis une vieille peau, et pire, pas cinéphile pour deux sous !
    Bises de Capp

    J'aime

  3. C’est un de mes films préférés, je le trouve esthétiquement tres beau, et j’adore l’idee du texte et de l’histoire qui traversent les siècles pour s’adapter parfaitement au monde moderne… je trouve que le grotesque trouve bien sa place il est d’ailleurs present chez Shakespeare avec le personnage de la nourrice. Il y a plein de clins d’oeil a voir et a exploiter avec les élèves et d’intertextualite… bref, je le kiffe ce film ( comme tout Luhrmann)

    J'aime

  4. Moi aussi je l’aime bien ce film Couette. J’adore le kitsch et le grotesque et je trouve justement que ça collait bien à ma représentation de Shakespeare. J’ai trouvé la scène de rencontre Roméo-juliette sous l’effet de la drogue, avec l’aquarium qui sépare les personnages intéressante. Cela dit je n’ai jamais regardé le film en entier, à mon avis, il se regarde par scènes, sinon cela peut effectivement être indigeste. Mais d’accord avec toi Sabine pour dire que Danes est très fade.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s