discussion « Le passé » d’Asghar Farhadi, mai 2013


« Le passé » d’Asghar Farhadi, film franco-iranien de Mai 2013affiche-du-film-le-passe-10901885dnbzk

Marie, superbement incarnée par une Bérénice Béjo tout en nuances et en simplicité, tente comme elle peut de recomposer un semblant de famille. Sa vie affective a manifestement était chaotique jusque là. Entourée de ses filles, Julie et Léa, elle aspire à sa marier avec Samir, lui même père de Fouad, un garçonnet de 8 ou 9 ans. Avec Samir, cette fois « c’est le bon »… du moins en est-elle persuadée. Trois difficultés majeures restent cependant à régler. Lucie connaît une crise d’adolescence aigue ; elle reproche à sa mère sa vie dissolue et la présence de Samir. Elle doit également finaliser son divorce avec Ahmad après 4 années de séparation. Enfin, Samir reste marié à Céline qui n’est plus qu’un fantôme d’épouse relié à des machines dans sa chambre d’hôpital, suite à une tentative de suicide.
Ahmad, qui vit désormais à Téhéran, rentre donc en France, à la demande de Marie, pour effectuer les formalités nécessaires et tenter de comprendre la colère de Julie. Asghar Farhadi filme alors ce qui tient d’un huis clos amoureux et douloureux. Samir, en proie au doute, ne voit pas forcément la présence de l’ex dans la maison de Sevran d’un bon œil….L’agressivité de Marie, envers Ahmad notamment, laisse supposer que le conflit entre le cœur et la raison fut difficile. La patience, l’implication, les regards et les silences d’Ahmad témoignent malgré lui de son amour persistant pour Marie.
Sa présence, au croisement des conflits et des doutes des différents protagonistes, permet finalement de lever le voile sur les non-dits et les secrets, sur les motivations du geste funeste de Céline.
Avec « Le Passé » Asghar Farhadi propose un film magistral et magnifique tant sur le plan des émotions, que sur celui de la tension dramatique, de l’image et du jeu des acteurs. Le scénario est brillant, le casting exemplaire. Bérénice Béjo, filmée sans ambages, comme illuminée de l’intérieur, frappe par son naturel et sa justesse. Je l’ai trouvée méconnaissable ! Ali Mossafa est absolument prodigieux dans la peau d’Ahmad. Il passe vraiment bien à l’image et il maîtrise l’art de faire passer émotions et sentiments d’un simple regard. Ce film m’a tenu en haleine du début à la fin. Conquise déjà par « Une séparation », j’adore l’univers de Farhadi et le cinéma de cette région du monde dans son ensemble. C’est un réalisateur qui a des choses à dire, ce qui est loin d’être toujours le cas, et qui a la délicatesse de ne pas nous offrir pour autant des films trop bavards.

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