discussion « L’échappée belle » d’Anna Gavalda


Gavalda« L’échappée belle » d’Anna Gavalda, Editions Le Dilettante, 2009$1ère parution, hors commerce, 2001

Dans la rubrique « famille je vous hais », il y a les dissensions, mais aussi les complots et les complicités, les dits et les non-dits, les souvenirs, le goût et les dégoûts de l’enfance. C’est ce qu’Anna Gavalda raconte dans ce court roman, l’envie subite de retrouvailles, sans « les pièces rapportées » et les bienséances, la complicité d’une fratrie.
Garance, à peine trentenaire et célibataire, juge de son état, mène une existence relativement décousue. Elle se rend au mariage du cousin Hubert, quelque part au fin fond de la Creuse, en compagnie de son frère Simon et de Carine, son épouse, pharmacienne et casse-pieds notoire. « Une belle-soeur c’est tout un poème ». Comme diraient certaines de mes copines du web, chaque famille comporte toujours sa « tata connasse », la rabat-joie à la langue acerbe et aux réflexions désagréables.
Celle-ci est une angoissée des microbes par exemple:
« Elle souffre avec les goûters communs de l’école et les sorties de piscine où tous les gamins se donnent la main avant de s’échanger leurs mycoses.
Vivre, pour elle, est une occupation harassante. »

Le trajet depuis Paris est émaillé de petites phrases assassines, même si Simon reste flegmatique.
« Mon frère ne s’énerve pas, ne dit jamais de mal de personne, ne connaît pas la malveillance et ne juge pas son prochain. Mon frère est d’une autre planète. Un vénusien peut-être. »
Simon, le héros de la famille, entretient une belle complicité avec la fratrie, sous le regard jaloux de sa femme.
« Arrêtez deux minutes avec votre philosophie de Socrates désabusés. »
L’humeur de Carine ne s’arrange pas lorsque Lola, l’autre soeur, se joint à eux. Par chance, Vincent le quatrième est coincé dans son château et s’improvise « petit baron de la Lariotine » et guide touristique.
Carine n’a de cesse de se précipiter dans l’église et de voir la mariée, Garance affronte les remarques des tantes, Simon se rafraîchit au café du coin avec Lola. Cette dernière, fraîchement divorcée, est allergique aux mariages:
 » Tout ce folklore. Le blanc virginal, les cantates de Bach, les serments de fidélité éternelle appris par coeur… »
Finalement, personne n’a très envie d’attendre la sortie des mariés, une poignée de riz à la main…et personne ne se fait prier lorsque Simon, totalement imprévisible, leur propose de faire le mariage-buissonnière…

J’ai passé un très bon moment à la lecture de ce roman, frais et empreint d’un humour parfois caustique. Le style est agréable à lire, le rythme enlevé et les personnages sympathiques.

Passages sympa:

« Tu sais, Carine, déclarai-je solennellement, le jour où tu aimeras faire pipi dans l’herbe, tu seras beaucoup plus heureuse. »

Garance à propos de Lola « Elle m’a faite marraine de son premier enfant et je l’ai faite dépositaire de mon premier chagrin d’amour (et j’en ai pleuré des fonts baptismaux). »

« Après, c’était comme dans un film de Kusturica avant qu’il ne se chope le melon. »

« Parce que la vie, quand même, c’était un peu du bluff, non? »

3 commentaires

  1. ah oui, je l’ai lu, celui-ci ! Et j’en ai eu la même impression que toi.Bon, il y a quelques clichés, mais c’est un roman qui se lit très bien, très vite, avec plaisir (et peut-être surtout celui de se délecter des tatas connasses des autres !)

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