discussion « L’Ami retrouvé » de Fred Uhlman


« L’Ami retrouvé » de Fred Uhlman, 1971 Uhlmancouverture

Programme de troisième oblige, je viens de relire « L’Ami retrouvé » de Fred Uhlman qui ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable.
Ce court roman autobiographique pose la question de l’amitié, entre sympathie et empathie, dans le contexte nazi.
Hans Schwarz, un adolescent de 16 ans d’origine juive et bourgeoise, fréquente le meilleur lycée de Stuttgart, le Karl Alexander Gymnasium. Il subit plus ou moins, à l’instar de ses camarades de classe, les cours d’Herr Zimmernann et de Max-les-Biceps. Son tempérament et son idéal romanesque de l’amitié ne lui ont pas permis jusque là de se faire un véritable ami. Il évite « le caviar », une bande d’ados imbus d’eux-mêmes, et il semble attendre celui qui le comblera. Fils unique d’un médecin juif, il connaît une existence relativement sereine, surtout lorsqu’il rencontre Conrad Graf von Hohenfels, un jeune aristocrate protestant d’une élégance rare. On peut s’interroger sur la nature de ce lien, tant l’amitié semble parfois flirter avec l’amour. Ils se passionnent tous deux pour les balades en pleine nature, les reliques, les vieilles pièces grecques, l’art et la littérature, l’opéra. C’est pourtant une représentation de Fidelio qui sera à l’origine d’un éloignement pesant. La sincérité et la profondeur de leur lien se voient, en effet, mises à mal par les préjugés des adultes, la propagande hitlérienne et les accidents de l’Histoire, même si Hans se sent avant tout Allemand et agnostique.
Cette relecture m’a agréablement surprise tant la narration est empreinte d’une grande finesse. Même l’évocation du nazisme et de l’antisémitisme est tout en subtilité, sans doute parce qu’elle est appréhendée à travers la subjectivité de l’adolescence. Le récit dépasse aussi cette question historique, tendant à une approche plus universelle de l’amitié, de la philia. On peut parfaitement le lire comme un traité de l’amitié, tant Uhlman se livre finalement à une autopsie des sentiments.
Quelques extraits:
« Hors de notre cercle magique venaient des rumeurs de perturbations politiques… »
« La politique était l’affaire des adultes et nous avions nos propres problèmes à résoudre. Et celui que nous trouvions le plus urgent était d’apprendre à faire de la vie le meilleur usage possible, indépendamment de découvrir le but de la vie, si tant est qu’elle en eût un. »
Réplique du père juif: « Je connais mon Allemagne. Ce n’est qu’une maladie passagère […] Croyez-vous vraiment que les compatriotes de Goethe et de Schiller, de Kant et de Beethoven, se laissent prendre à cette foutaise? »

5 commentaires

  1. Tout comme Stephie, je ne m’en lasse pas. As-tu vu l’adaptation filmique? Il y a des ajouts intéressants, la chronologie est bouleversée, je fais un parallèle en classe avec le roman pour travailler notamment sur le traitement du temps… Si tu veux je peux t’envoyer mes cours, ils datent un peu mais je m’en sers toujours 😉

    J'aime

      • Tu me ferais signe, d’acc? J’ai ça sur mon ordi, ça part dès que tu veux. Fais-moi le savoir sur notreforumchéri 😉 ok?
        Bises!

        J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s