discussion 3 nouvelles signées Zola


3 nouvelles d’Emile Zola, Folioplus Classiques

« Le grand Michu », « Jacques Damour » et « Angeline »

« Le grand Michu » retrace en quelques pages une insurrection adolescente dans le réfectoire d’un collège. Manifestement les élèves ont toujours eu à se plaindre des repas de la cantine…Cette nouvelle, qui n’est pas dénuée d’humour, pose, à travers ces collégiens et cette anecdote, les questions de l’engagement, de la solidarité et de la trahison.

Jusqu’où ira cette mutinerie ? La coalition rimera-t-elle avec force et cohésion ? Le grand Michu restera-t-il dans les mémoires comme un héros sacrificiel ou comme un bouc émissaire ?

« Or les meneurs avaient résolu que nous devions à la fin nous révolter contre la morue à la sauce rousse et les haricots à la sauce blanche. »

« Il m’a avoué depuis que jamais cette vertu républicaine que son père lui avait enseignée, la solidarité, le dévouement de l’individu aux intérêts de la communauté, n’avait été mise en lui à plus rude épreuve. »

C’est une nouvelle courte, efficace qui mêle l’humour à un soupçon de cruauté.

« Jacques Damour », marié et père de famille, vit avec le souci constant de joindre les deux bouts et de maintenir le clan à flot. Il est prêt à beaucoup pour chérir les siens : Félicie sa jolie épouse, Eugène, ce fils qui partira trop tôt, et Louise, sa fille si fragile.

Mais le second Empire agonisant et la révolte populaire complexifient cette vie. L’existence de Jacques bascule dès lors qu’il devient communard. Il connaît alors la déportation à  Nouméa et le démembrement de sa famille.

« Alors commença une existence trouble qui le roula au hasard, dans un flot d’aventures à la fois étranges et vulgaires. Il connut toutes les misères, il toucha à toutes les fortunes. »

Difficile à son retour en France de retrouver les survivants. Berru, peintre de son état et ancien voisin, qui n’a rien d’un ange providentiel,  l’accompagne dans cette quête.

Zola nous livre ainsi l’odyssée de ce Jacques, un récit empreint d’une grande humanité.

« Angeline » s’offre comme une nouvelle plus surprenante sous la plume de Zola, puisqu’elle prend des allures de récit fantastique en son début. Le narrateur découvre, au hasard d’une promenade à bicyclette, une demeure que l’on dit hantée. « La Sauvagière » n’inspire guère confiance en effet, surtout lorsqu’une voie d’outre tombe appelle Angeline. Le cycliste n’a alors de cesse que de percer ce mystère.

Zola confronte rationalité et superstitions sur un ton alerte.

En un mot : 3 nouvelles sympathiques et quelque peu inégales. Si j’aime beaucoup l’intensité et l’intention du  « Grand Michu », il me semble que le roman sied mieux à Zola.

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