« Une place à prendre » de J.K Rowling


« Une place à prendre » de J.K Rowling

Après l’univers magique d’Harry Potter et la littérature jeunesse, J. K Rowling s’est donc tournée enfin vers le monde des adultes… encore que… ! Tout ceci mérite quelques nuances.

Bien des adultes se sont vautrés à plaisir dans la saga des petits sorciers, regrettant à coup sûr de ne pas avoir fréquenté une école comme Poudlard… D’autres, à l’instar d’une mère d’élève venue un jour m’expliquer qu’en raison de ses convictions religieuses sa fille, élève en sixième, ne pouvait pas lire le tome I pourtant étudié en lecture suivie….semblaient prêts à l’autodafé. L’argument suprême de la dite-mère était qu’un élève de l’école primaire locale en avait collé un autre au plafond grâce à une formule magique directement empruntée au roman. Est-ce utile de préciser que la dite-mère est devenue professeur des écoles….??? Comment pouvait-on laisser en libre circulation une oeuvre aussi diabolique?!?!?!

Par ailleurs, le seul sas de vraie respiration dans « Une place à prendre » demeure le monde des enfants…

Diabolique, Une place à prendre l’est quelque peu, mais pour de toutes autres raisons. L’univers en est nettement plus réaliste, naturaliste presque. Une petite ville anglaise, de nos jours, avec son lot de personnalités locales, de secrets, de banlieue critique, d’adolescents problématiques et de conflits d’intérêt. Le roman s’ouvre sur un cadavre, et se ferme sur un autre (deux même!), douloureusement. On ferme le livre comme on claquerait le couvercle d’un cercueil, rageusement, parce que ce n’est pas juste.

Barry Fairbrother, protecteur de Kristal Weedon, aime le club d’aviron du lycée et Yarvil, quartier problématique et contesté, véritable verrue géographique, rattaché à la ville de Pagford. Terrassé par une mort aussi prématurée qu’inattendue, sur le parking du club de golf, Barry laisse une place à prendre, celle de président du Comité Local…. Autour de cette vacance fortuite vont alors se cristalliser toutes les passions, les aspirations et les craintes de très nombreux personnages (presque trop pour le lecteur au départ, qui finit par s’y perdre). Rowling met alors en scène moult querelles de clochers, coups bas, sur fond d’amours plus ou moins avortés et de haine. Les personnages sont assez caricaturaux, Balzac et Zola ne les renieraient pas. Le monde de Pagford est également assez manichéen, les adultes offrant une vision catastrophique de l’existence et des rapports humains, tandis qu’un espoir d’humanité (aseez ténu tout de même) est encore vaguement perceptible chez les adolescents, foncièrement plus attachants que leurs parents.

Rien de la misère humaine du monde occidental n’échappe à la plume acerbe de Rowling! Drogue, alcoolisme, intégration difficile, immigration, déculturation, acculturation, violences conjugales, déchéances en tout genre se concentrent entre Pagford et Yarvil. Pourtant ces personnages-types, cette accumulation de noireurs humaines donnent un roman assez poignant dont on ne sort pas totalement indemne. Sans doute est-ce le fait de la famille Weedon et du jeune Andrew…

Une vaste satire donc, dans laquelle Rowling ne perd rien de sa verve et de son sens de la formule. Reste également un zest de sens de l’humour qui permet de dédramatiser un peu les situations.. A lire lorsque vous êtes en forme!

 

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