La vie d’Adèle


film-la-vie-d-adele-620x0-1La vie d’Adèle d’Abdellatif Kéchiche, 2013,

librement inspiré du roman de Julie Maroh « Le bleu est une couleur chaude »

Palme d’or au Festival de Cannes

 

Adèle est une adolescente comme les autres, qui déambule entre sa chambre et les salles de cours, qui court pour ne pas rater son bus, engoncée dans son jean et son blouson, et qui se goinfre de spaghettis bolognaise, spécialité familiale. Le sac en bandoulière, elle se rend au lycée, devise plus ou moins gaiment avec les copains et les copines et clame des slogans, qu’elle pense subversifs, dans les manifs. Du haut de ses 15 ans, elle découvre le temps des amours, avec Thomas d’abord, qui lui laisse un goût décevant, puis avec Emma, rencontrée au détour d’une place. L’histoire ne dit pas si elle craque pour la chevelure bleu grisée d’Emma, pour son regard provocateur ou pour son charisme. J’imagine que ce bleu s’impose comme un clin d’œil au roman de Maroh…soit… ce n’est cependant pas une réussite esthétique, ni un hommage rendue à la beauté de Léa Seydoux…

Adèle découvre donc, à cette occasion, son attirance pour les femmes, le milieu des artistes et le monde des préjugés. Kéchiche nous livre alors la SAGA de ce grand amour, qui lui vaut bien des larmes et des reniflements.

Le sujet, ô combien d’actualité en 2013, est intéressant et assez bien traité. Le film aurait sans doute pu tenir du chef d’œuvre, ce qu’il n’est pas à mon humble avis, n’en déplaise au jury cannois et aux festivaliers. Pourquoi ????

Kéchiche se laisse aller et propose un film extrêmement bavard dans lequel les plans inutiles alternent avec les longueurs et ôtent au scénario une bonne part de son intensité dramatique. Cet étalement, cette complaisance à braver les tabous et à choquer qui l’emporte sur le sujet, empêchent en partie le spectateur d’accéder à l’émotion.

Il semble pourtant la rechercher cette émotion, Kéchiche, à coup de gros plans, voire de très gros plans d’un hyper réalisme finalement dérangeant. Il s’attarde ainsi au moins 15 mn sur les narines morveuses de la pauvre Adèle Exarchopoulos, autrement plus photogénique. Vous l’avez compris, le film n’échappe pas toujours au mauvais goût, et encore, je ne détaillerai pas la discussion entre les jeunes femmes sur les huitres et la séance de dégustation qui suit…

Si le thème est abordé sans ambages, dans toute sa complexité, son traitement perd de son intention première en raison des choix esthétiques et des partis-pris du réalisateur. La première scène d’amour entre les deux jeunes femmes durent 10 bonnes minutes, qui deviennent de longues minutes…L’amour y cède en effet rapidement le pas à ce qui tient davantage d’une certaine pornographie assez réductrice.

Je nuancerai mon propos en rendant hommage aux actrices, et plus particulièrement à Adèle Exarchopoulos que j’ai trouvée magistrale, toute en authenticité et en émotion.

 

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