« Domicile conjugal » de Truffaut, 1970


« Domicile conjugal » Truffaut, 1970

Dans le cadre d’un cours pour le PAF je me lance dans un cycle Truffaut.. Le billet du jour concerne donc « Domicile conjugal », le troisième volet de la trilogie Antoine Doinel, sorti sur les écrans en 1970.

On y retrouve le fameux Antoine, l’un des personnages fétiches de Truffaut (l’enfant terrible des « 400 coups ») fraîchement marié à Christine, petite bourgeoise incarnée par Claude Jade. Si le film montre peu le Paris des années 70, il se concentre sur l’un de ses immeubles construit autour d’une cour intérieure pleine de vie. Le fameux domicile conjugal!!!

Christine et Antoine forment un petit couple charmant que rien ne semble menacer. L’art les réunit. Christine donne des cours de violon et fantasme accessoirement sur Rudolf Noureev. Antoine met son talent au service du fleuriste du quartier. Formé par un maître japonais, il s’emploie en effet à modifier la couleur des fleurs dans la petite cour de l’immeuble, tout en devisant gaiement avec les voisins nuellement effrayés par l’idée de hurler d’une fenêtre à l’autre. Il est en quête, non du graal, mais du « rouge intense ». Comme bien des jeunes couples du cinéma des 70′, ils occupent un appartement au dernier étage, sous les toits. Survient logiquement la naissance d’un enfant, Alphonse, peu avant qu’une manipulation chimique ratée n’entraîne le licenciement du nouveau père. Ce dernier, suite au coup de pouce d’un hasard malicieux, intègre alors une importante firme américaine spécialisée dans les recherches en hydraulique. Sa mission: manoeuvrer à longueur de journée des petits bateaux radiocommandés dans une maquette extérieure figurant un canal de Suez miniature. Rien ne pouvait combler davantage celui qui demeure à mon goût un enfant gâté. C’est dans ce cadre qu’il rencontre Kyoko, une jeune japonaie mystérieuse… A ses heures petruffaut-1-1.jpgrdues il se consacre alors aussi à l’écriture d’un roman. Le film constitue d’ailleurs un hommage presque trop marqué à la culture!

Ce que j’en ai pensé:

Ce film, qui connut un échec cuisant à sa sortie, ne m’a guère enthousiasmée. Je suis depuis toujours allergique à Jean-Pierre Léaud (alias Antoine) je dois l’avouer. Là, il passe constamment la main dans ses cheveux mi-longs… un geste si répétitif qu’il entretient à merveille son côté tête à claques. Dans l’ensemble, le jeu des acteurs manque cruellement de naturel. J’ai davantage apprécié les personnages secondaires. Les habitants de l’immeuble, souvent hauts en couleurs, apportent en effet une touche de fantaisie et d’humour sympathique qui permet de briser le tempo plus que lent de la narration. La gouaille de certains, certes surfaite, est plaisante. La prestation de Hiriko Berghauer (Kyoko) est à saluer.

Le son et la photo ont assez mal vieillis (comme une grande partie de la production cinématographique des 70′). Le long travelling à l’entame du film est cependant une belle réussite!

J’ai aimé certains clins d’oeil… la fugitive apparition d’un Tati-Hulot sur le quai d’une gare par exemple. Certaines répliques, hélas trop rares, sont désopilantes.

« Si j’avais des seins, je me les caresserais toute la journée »

« Une oeuvre d’art n’est pas un réglement de comptes »

Le point le plus séduisant réside à mon sens dans la vie de l’immeuble et dans le chassé-croisé de ses occupants et de leurs particularismes. La petite cour, vous l’aurez compris, constitue donc un point nodal dans cette observation des relations humaines.

Ce film propose  une vision assez désabusée du couple et du mariage, présenté comme une imposture et un enfermement. Le désir cède vite le pas aux habitudes et à la loi de l’Autre.

Truffaut se place sous l’égide du cinéma de Lubtisch: « Lubitsch ne cherche pas à ce que l’on croit à l’histoire. Il nous prend par la main et démonte systématiquement les mécanismes qu’il met en branle. Il nous raconte une histoire et fait une blague toutes les deux minutes pour nous montrer qu’il nous raconte une histoire ».

Il me semble que je préfère un bon Lubtisch….

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