« Bénarés » de Barlen Pyamootoo


Bénarès de Barlen Pyamootoo

Un roman « déroutant »

benares.jpgBénarès de Barlen Pyamootoo, aux Editions de l’Olivier, Le Seuil, 1999

 

Avec Bénarès, Barlen Pyamootoo nous propose un roman déroutant, une sorte de road-story nocturne à travers l’île Maurice.

Le récit se fonde sur l’amitié qui unit le narrateur à Mayi, un drôle de gars du voisinage. Il tient le lecteur, l’espace d’une soirée, toujours entre deux points…

Mayi, qui vient de gagner une belle somme aux cartes, n’a de cesse de convaincre son ami de se rendre avec lui en ville pour trouver deux filles histoire de fêter cela et de passer une bonne soirée. Rendez-vous est pris, chacun s’apprête.

« J’ai pris une douche et je me suis lavé les cheveux. J’ai mis un jean et un t-shirt avec « Miami » écrit dessus. J’aime les vêtements où il y a quelque chose à lire, c’est ce que je lis le plus. »

Ils se lancent alors dans cette quête qui prend vite des allures un peu folles et absurdes, en compagnie de Jimi, le chauffeur de taxi qui a de bonnes manières. De Port-Louis, des quais, en passant par chez Ma Tante ou Maman, hauts lieux du proxénétisme, ils vont de point en point, désespérant parfois de trouver deux perles prêtes à les suivre jusqu’au sud. Ils rencontrent enfin Zelda et Mina…Mais le chemin est encore long jusqu’à Mahébourg puis Bénarès.  Alors on somnole, on meuble, on discute….on rêve même un voyage fantasmatique jusqu’à Bénarès, la vraie, Bénarès l’indienne. Les conversations parcellaires s’égrènent au gré des cahots, des arrêts à la station service, puis à la tabagie de Curepipe.

Rencontres de hasard, discussions non moins hasardeuses, personnages attachants, sans doute par leur misère culturelle et leur vacuité, rêves, espoirs et fantasmes de vie, tels sont les ingrédients de ce récit jamais ennuyeux. Bénarès est de ces romans dans lesquels il ne se passe rien hormis des échanges humains. Pourtant, une sorte de magie tient le lecteur jusqu’au bout, comme s’il était assis à l’arrière du véhicule entre Zelda et Mina.

 « Tout portait au sommeil et au sentiment de tourner en rond. Peut-être parce que les routes avaient quelque chose d’infini, quelque chose d’un labyrinthe. Peut-être aussi parce que j’étais fatigué et pressé de rentrer. »

 

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